Depuis l'an dernier, le Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'industrie des services automobiles travaille avec la firme Humeng International inc. à l'élaboration d'un programme de formation novateur pour les installateurs de systèmes électriques et électroniques ajoutés. Les outils développés permettront à l'apprenant de recevoir la formation théorique sur CD-Rom ou par lien Internet avant de se présenter en atelier pour la formation pratique. Cette formule mixte a l'avantage de limiter le temps passé en salle de classe et de permettre à l'apprenant d'avancer à son rythme.
Si on avait tenté, il y a quelques années, de convaincre un formateur qu'il était possible d'enseigner la mécanique automobile à distance, on se serait fait répondre tout de go : " C'est sous le capot que ça se passe et c'est en y mettant sa tête et ses mains qu'on peut maîtriser ce métier. "
Si cette affirmation comporte encore une grande part de vérité, il est cependant faux de dire que les nouvelles formules d'apprentissage virtuel contourneront le monde de l'automobile sans venir changer nos traditionnelles façons d'apprendre.
L'engouement pour ces nouveaux véhicules de formation en ligne croît chaque jour et les initiatives de développement se multiplient. Selon une étude québécoise récente : " Les nouveaux outils offerts par l'apprentissage virtuel se sont développés à un rythme spectaculaire au cours des trois dernières années afin de répondre aux besoins de mise à jour des compétences. L'apprentissage virtuel a recours à Internet et aux autres technologies des communications permettant l'interactivité. L'engouement récent des employeurs pour ces nouveaux outils d'apprentissage se fonde notamment sur les avantages potentiels comme la réduction des coûts de formation, la souplesse des horaires, la flexibilité de diffusion et l'accessibilité plus grande à la formation. Le marché mondial de la formation en entreprise au moyen de l'apprentissage virtuel était à peine de deux milliards de dollars américains en 1999. Selon la firme IDC, ce marché pourrait atteindre plus de 23 milliards en 2004. La portion de formation offerte par les grandes entreprises à l’aide de moyens technologiques de ce type pourrait dépasser les 50 % d'ici trois à cinq ans. Ce sera donc alors plus de la moitié des activités deformation qui se feraient en apprentissage virtuel. "1
Évidemment, on parle ici de grandes entreprises mais le phénomène prend l'allure d'une tendance lourde qui rejoindra inévitablement les plus petites entreprises. Comme les coûts de développement du matériel de formation sont élevés, il faudra que des réseaux s'organisent pour mettre en commun les ressources nécessaires à ce développement. Plusieurs fabricants d'automobiles offrent déjà de la formation technique en ligne et d'autres réseaux de formation à distance voient le jour. L'organisme sectoriel canadien " CARS ", par exemple, offre de la formation technique, directement d'une salle multimédia, jusque dans les ateliers équipés de la technologie requise.
Ce n'est certes pas demain que l'apprentissage virtuel se substituera aux bénéfices d'une solide relation directe formateur/apprenant surtout dans le secteur de l'automobile où le véhicule lui-même demeure un élément central des activités de formation. Mais ces nouveaux outils de formation viendront améliorer l'accessibilité à la formation en optimisant l'utilisation du temps : un élément précieux dont nous avons tous besoin. Les formateurs actifs dans l'industrie peuvent témoigner des difficultés rencontrées lorsque qu'on tente d'inscrire des employés dans des activités de formation de longue durée. Les nouveaux modes de formation offrent des créneaux forts intéressants pour concentrer les temps passés en atelier sans faire de trop grands compromis sur la qualité des contenus de formation. Mais il n'y a pas de magie dans la formule. Comme en formation traditionnelle, les efforts de l'apprenant demeurent un incontournable facteur de succès. Les personnes qui s'inscrivent dans de telles activités de formation doivent souvent faire preuve d'une grande rigueur puisque c'est en autoformation qu'ils s'approprient les concepts théoriques avant de venir expérimenter le tout en atelier. Il faut comprendre pour ensuite appliquer.
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