Il a permis à Cartons Saint-Laurent de relever des défis majeurs
Gérer la formation de façon efficace peut métamorphoser une entreprise. Cartons Saint-Laurent peut en attester. En 1995, l'usine de La Tuque a connu des bouleversements d'une rare intensité. Après être passée successivement sous la bannière des Produits Forestiers Canadien Pacifique, puis d'Avenor, la papetière se retrouvait avec sa nouvelle identité corporative devant de gigantesques défis de nature organisationnelle.
"Nous nous étions engagés dans un processus d'accréditation ISO 9002 et, par ailleurs, nous venions d'acquérir pour 250 M$ de nouveaux équipements afin d'améliorer notre compétitivité et de nous conformer à la nouvelle réglementation environnementale qui touchait notre secteur", explique M Jules Morissette, directeur des ressources humaines chez Cartons Saint-Laurent.
Mais, par-dessus tout, la nouvelle direction procéda à une rationalisation radicale de ses effectifs, ce qui eut pour effet de ramener le personnel de 1 150 à 750 salariés. Un cauchemar pour M. Morissette qui voyait disparaître des travailleurs d'expérience alors que du personnel mois qualifié s'apprêtait à assumer les tâches laissées vacantes par les départs.
"La direction s'est intéressée à la formation multimédia notamment parce qu'elle nous apportait une solution très flexible permettant à chaque travailleur d'apprendre à son rythme. Mais on s'est vite rendu compte que nos besoins étaient trop complexes."
C'est alors qu'est survenue la rencontre avec Ronald Labrie. M. Labrie présidait aux destinées d'une PME en formation multimédia, HUMENG International. Titulaire d'un baccalauréat en pédagogie, M. Labrie s'avéra d'emblée le partenaire idéal pour Cartons Saint-Laurent.
Et pour cause: il avait occupé pendant 20 ans diverses fonctions dans l'industrie papetière, dont il connaissait les problématiques comme le fond de sa poche. "J'ai proposé qu'ils dressent un profil des compétences nécessaires pour chaque fonction de travail ainsi que pour chaque travailleur. Ils se sont acquittés de la tâche de manière remarquable en faisant valider toutes les données, non seulement par les responsables des différents services, mais aussi par les travailleurs eux-mêmes", souligne M. Labrie.
Logiciel multirelationnel
De la collaboration entre les deux (2) partenaires allait naître Transliaisons, un logiciel multirelationnel qui permet de faire un lien entre les compétences des fonctions, les habiletés maîtrisées par chaque employé et des programmes de formation permettant de combler les lacunes observées.
Rapidement, le logiciel deviendra l'outil de gestion principal de l'entreprise. "On le consulte comme un manuel de formation. Même si un ouvrier cherche de l'information sur une procédure qu'il est en train d'exécuter à deux (2) heures du matin, il trouvera la solution en le consultant", souligne M. Morissette.
Une mine d'informations
Transliaisons possède d'autres spécificités qui contribuent à le rendre indispensable aux cadres de la papetière. Par exemple, il inclut le guide des procédures ISO 9002. Il permet aussi de comptabiliser et de prévoir les dépenses liées à la formation sur plusieurs années.
Ainsi, grâce à la banque de données des compétences, le logiciel peut réaliser des projections annuelles de dépenses en mesurant, poste de travail par poste de travail, les besoins en matière de formation à venir.
La papetière a également identifié plus de 70 employés possédant des aptitudes particulières qui les qualifient pour remplir les rôles de formateurs internes. "Leur tâche principale consiste à jouer les facilitateurs de la formation, c'est-à-dire d'aider certains de leurs confrères à vaincre leurs résistances en regard à la formation. Un important travail est également demandé aux superviseurs de première ligne afin qu'ils s'assurent que le transfert des apprentissages se réalise de la meilleure manière possible sur le plancher de l'usine" ajoute M. Morissette.